L’interview de Mathilde Quentin, anciennement “Chief Happiness Officer” chez Pôle Emploi

Venu des Etats-Unis, un nouveau métier a vu le jour et endosse un rôle nécéssaire au sein des entreprises, visant à veiller au bonheur des salariés. Il s’agit du « Chief Happiness Officer ». Confrontés à la nécessité d’intégrer le bien-être et la qualité de vie dans leurs décisions stratégiques et opérationnelles et de valoriser leur marque employeur auprès des jeunes générations, de plus en plus de grands groupes adopteraient ces managers du bonheur depuis deux ans environ. « 80% des entreprises du CAC 40 s’y intéressent actuellement » affirme même Catherine Testa, co-fondatrice du club des CHO.
Découvrons l’expérience de Mathilde Quentin en tant que “Chief Happiness Officer” à travers cette interview. 
 
1) Qui êtes-vous ?
Mathilde : Je me qualifie comme étant une personne qui a vraiment envie d’agir le bien-être au travail, c’est une valeur super importante pour moi. J’ai suivi des études en économie et plus particulièrement de management des organisations de l’Economie Sociale et Solidaire Je voulais trouver un métier qui ait du sens c’est pourquoi j’ai souhaité travailler dans le monde associatif. En d’autres termes je voulais être actrice et avoir un impact sur la société.
Pour vous expliquer mon envie de devenir Chief Happiness Officer (« Responsable du bonheur » en français) j’étais autrefois responsable d’un programme de Mentorat pour une structure dont l’objectif était d’accompagner et de promouvoir les jeunes entrepreneurs. J’aimais beaucoup ce métier mais un jour, il y a eu une grosse crise entre les salariés au quelle j’ai été au cœur du conflit. Je me suis sentie très seule face à cette situation et très mal accompagné. J’avais la sensation que l’on minimisé les faits et que l’on ne mesurait pas l’ampleur que l’environnement de travail pouvait avoir sur l’efficacité de l’équipe. Ma santé en a malheureusement pris un coup . Cette situation m’a permis de me rendre à quel point la santé au travail était très importante. Je me suis dit qu’il y avait urgence d’agir. J’en en donc tiré ma conclusion : le problème de la qualité de vie au travail est encore trop présent et il ne tarde de s’en préoccuper.
Un jour, lorsque je suivais une formation sur la communication éthique, j’ai vu un reportage sur le métier du CHO (Chief Happiness Officer) cela a sonné comme une évidence, pour moi, d’allier la communication interne et la gestion de projet. Je me suis alors demander « comment améliorer l’organisation la structure de l’entreprise ? ».
 
 2) Dans quel entreprise travaillez-vous ? Qu’elle est l’activité de votre entreprise ?
Mathilde : J’ai travaillé chez Pôle Emploi. Mon poste dans cette entreprise était un test car c’était un tout nouveau métier pour eux.
 
3) Quelles ont été vos missions en tant que CHO de Pôle Emploi ?
Mathilde : J’avais pour mission de jouer le rôle du facilitateur en assurant le pilotage entre le siège et le programme d’incubateur d’entrepreneuriat. Je devais accompagner les startupers dans leur gestion de projet d’une manière générale. J’ai organisé un projet photos avec l’incubateur « La Fabrique » sur le thème des postes dans les entreprises, l’idée était d’élargir leurs métiers, de permettre à chacun d’être à sa place mais aussi d’apporter plus de légèreté. J’adossais également le rôle de chef de projet dans l’animation pour des évènements aussi bien internes qu’externes. Par exemple, « Comment repensez le lieu de travail pour que tout le monde retrouve sa place ? ». Par ailleurs, j’ai aussi fait beaucoup de communication interne.
 
 4) En quoi ce nouveau poste est-il indispensable pour vous dans une entreprise ? 
Mathilde : Parce que je pense qu’aujourd’hui il y a un vrai malaise, beaucoup ressente cette perte de sens et n’arrive plus à trouver leur place. Il y a un réel besoin d’une personne qui accompagne la culture d’entreprise, structure des liens, accompagne dans les projets. Cela permettrait de rendre les projets plus fluides et de mettre de la dynamique.
Avec cette personne, le point le plus important c’est qu’on se sent écouté et plus soutenu. Les salariés n’ont plus d’obstacles à parler avec les CHO. L’entreprise prend en considération l’importance du bien-être de chacun, le CHO permet de démontrer cette impact positive. Le rôle du CHO amène la culture de l’entreprise et montre à chacun qu’il existe une personne dédiée à cela et qu’il a pour rôle de veiller à ce que chaque employé se sente bien dans votre travail et à sa place. C’est une personne bienveillante qui va veiller sur les salariés, et trouve des solutions. Cela permet de se sentir pris en compte par l’employeur et l’entreprise dans son sens général.
 
 5) Selon vous, la conciergerie est-elle un moyen pour simplifier durablement le quotidien des collaborateurs ? 
Mathilde : Je pense que tout est lié. On veut parler de vie privée/perso mais on parle d’une vie. Grâce à cette solution, on peut dégager sa pensée, qui se dirigent vers des soucis personnels et tâches quotidiennes, à tout pour autre chose. Le salarié peut donc se concentrer sur ces autres tâches et donc être plus créatif, plus productif et plus loyal. C’est essentiel pour veiller au bien-être des salariés. C’est aussi un réel point positif pour les entreprises qui cherchent à favoriser leur marque employeur et fidéliser leurs collaborateurs.
 
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