Épanouissement des salariés au travail : Etat des lieux

Posté: 6 avril 2018 by fidensio

De nombreuses études ont démontré qu’un salarié heureux en entreprise est 9% plus loyal, 31%plus productif et 55% plus créatif.

Et il faut dire que « C’est logique : plus l’employé se sent bien, plus il s’implique, moins il est absent, plus il reste longtemps dans l’entreprise et plus sa productivité et la qualité de son travail sont importantes« , décline Samuel Metias, le fondateur de Comeet, également à l’origine du collectif HappyTech.

La thématique du bonheur au travail est très contemporaine alors même que les conditions de travail étaient moins favorables dans les années 1950, 60 ou 70 : mais d’où vient cette notion de « qualité de vie et bien-être au travail » ? Et quel est donc l’engagement des entreprises françaises à ce sujet ?

Dressons ensemble l’état des lieux du bien-être et de la qualité de vie au travail des salariés en France.

Bien-être au travail : retour sur une longue genèse

Cette notion est apparue pour la première fois en France lors de la loi du 9 avril 1898 et a marqué un changement radical en matière de réparation des accidents de travail. Mais cette thématique a été historiquement plus connue grâce à la célèbre comédie dramatique « Les temps modernes » de Charlie Chaplin en 1936, reproduisant et mettant en scène la réalité des conditions de travail du monde industrialisé de l’époque.

En 1973, la création de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) est une autre étape marquante en France. Le contexte était celui d’une France industrielle marquée par le travail à la chaine, avec une focalisation sur les conditions physiques de travail.

Dans les années 1980, les travaux des chercheurs ont davantage porté sur la Qualité de Vie au Travail en intégrant les organisations, les horaires de travail, avant de se focaliser dans les années 1990 sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Dans les années 2000, avec la médiatisation du phénomène de harcèlement moral, la notion de risques psychosociaux occupe le devant de la scène.

Enfin, en 2010, le rapport au Premier ministre « Bien être et efficacité au travail » rédigé par Lachmann, Larose et Pénicaud, propose des solutions pour améliorer le bien-être au travail.

Les entreprises françaises, bonnet d’âne du bien-être en Europe

Les entreprises françaises ont la réputation d’être encore très loin du compte en matière de qualité de vie et bien-être au travail.

En se basant sur une étude récente établie par le cabinet Technologia agréé par le ministère du Travail, nous pouvons nous apercevoir que 3,2 millions de français occupant un poste à responsabilité sont considérés comme étant sujet « à risque élevé de burn-out ». Quid des autres ? Ils ne sont pas plus motivés pour autant. Et pour aller encore plus loin, le baromètre de la qualité de vie au travail de l’institut Gallup pointe que 89% des salariés français sont « activement désengagés » de leur travail, ce qui constitue un record en Europe.

Le coût du mal-être en entreprise a aussi pu être mesuré pour comprendre l’impact que cela peut avoir. Le groupe de prévoyance Apicil et le cabinet Mozart Consulting ont donc recensé un coût de 12.600 euros par an et par salarié en 2016 dans le secteur privé. Ce montant est certes en légère baisse par rapport aux années précédentes, mais il reste toujours très élevé. Mais si seulement les entreprises de plus de 500 salariés se dotaient d’une politique interne de bien-être, cela leur permettrait d’économiser « près d’un million d’euros »par an. Un résultat calculé sur la base d’une baisse de 3 jours du taux d’absentéisme, de 2% du taux du taux de fidélisation et une augmentation de 5% de la productivité.

Vers une amélioration chiffrée de la perception de la qualité de vie au travail

Dans un article paru dans le journal Le Monde, une étude est menée par Malakoff Médéric auprès de 3 500 salariés et de 500 dirigeants du secteur privé afin de dresser un bilan de leur perception de la qualité de vie au travail.

Il a été relevé que 71 % des salariés estiment que leur qualité de vie au travail est bonne (note supérieure ou égale à 6 sur 10), en légère augmentation par rapport à 2016 (+ 2 points), contre 96 % des dirigeants (en recul de 3 points). Une différence importante de 25% est à noter. Sans oublier le petit tiers des salariés (29 %) qui estime que leur qualité de vie au travail mérite seulement la moyenne ou moins.

La note moyenne est équivalente chez les salariés hommes et femmes. Le commerce est le secteur d’activité où la qualité de vie au travail n’est jugée très bonne (note supérieure ou égale à 8) que par 27 % des salariés. Les quatre secteurs où le plus de salariés juge très positivement la QVT sont : télécommunication-communication-édition-information (36 %), BTP (35 %), banque-finance-assurance (35 %) et économie sociale (34 %).

Quand investisseurs et startups rejoignent la partie

Le bonheur au travail est un vaste sujet d’actualité répondant aux nouveaux enjeux RH. Dirigeants, managers, chefs d’entreprises ou encore investisseurs et startups se joignent à la partie.

Le fond sycomore

Sycomore Happy@Work est un fonds diversifié offrant une sélection de responsables d’entreprises européennes axée sur le capital humain, premier vecteur de performance durable d’une entreprise. En d’autres termes, Sycomore investit dans les sociétés européennes qui accordent une importance toute particulière à la valorisation du capital humain. Fier d’un processus d’investissement rigoureux, ce fonds combine rentabilité et expertise.

« Nous évaluons les moyens mis en place pour faire en sorte que les salariés soient heureux. Cela se traduit par le développement des compétences des salariés, l’autonomie et la responsabilisation des équipes, le lien social au sein de l’entreprise, mais aussi le fait de trouver du sens dans son travail. » rapporte Bertille Knuckey, convaincue que le capital humain doit être un vecteur stratégique pour le management d’une entreprise.

 

La HappyTech

À l’ère du digital, les startups de la HappyTech s’attaque au mal-être au travail en proposant des solutions simples et innovantes qui permettent de mesurer le bien-être dans les entreprises. Elles consolident aussi l’idée d’utiliser la technologie pour retisser les liens entre la direction et les salariés, et entre les salariés eux-mêmes. Mais la HappyTech c’est quoi ? C’est un mouvement basé sur la psychologie positive ! Autrement dit, La HappyTech est un collectif de startups qui a pour ambition de démocratiser le bien-être au travail en proposant des solutions simples et innovantes à destination des collaborateurs et des entreprises.

 

LIRE AUSSI > L’interview de Mathilde Quentin, anciennement « Chief Happiness Officer » chez Pôle Emploi 

No Comments

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *